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Ignorés et incompris des Français, les mouvements "Tea party" témoignent du violent rejet de la parodie de démocratie que constitue le bipartisme.
Saint-Just avait raison : le combat pour la Justice se mène avec colère !
(A transmettre à Mitterrand le sordide qui diabolise ceux que confondent homosexualité et pédophilie parce qu’il n’auraient pas compris qu’il appelle "gosses" et "éphèbes" tous les adultes de cinq ans ses cadets.)
Après la Chambre des Représentants, les Démocrates viennent de l’emporter d’une voix au Sénat.
Ils disposeront donc de l’ensemble du pouvoir législatif, et n’auront pas à composer avec les Républicains.

Si ce scénario catastrophe n’est pas aujourd’hui inéluctable, beaucoup d’éléments troublants viennent malgré tout renforcer l’hypothèse :
Comme le reprend Solidarité et Progrès, parti-frère du Büso (parti allemand dirigé par Helga Zepp-LaRouche), beaucoup de personnalités de 1er plan du milieu militaire américain soutiennent cette thèse, par exemple Paul Craig Roberts, ancien secrétaire d’Etat du gouvernement Reagan, lire "Why Bush Will Nuke Iran", Gary Hart, ancien sénateur et ancien candidat à l’investiture présidentielle démocrate, le général William Odom (cr), ancien chef de l’Agence nationale de sécurité du Pentagone, le général Anthony Zinni (cr), ancien chef du Commandement central de l’Armée américaine, le général Barry McCaffrey (cr), ancien chef du Commandement sud de l’Armée américaine, le colonel Sam Gardiner (cr) et le lieutenant général Karen Kwiatkowski (cr), tous deux de l’Armée de l’Air... ça commence à faire du monde !
Il est évident que l’administration Bush ne peut espérer l’aval de la Russie ou de la Chine pour une telle option. Cela l’oblige, soit à ne rien faire, soit à s’affranchir totalement du Conseil de sécurité et de l’ONU et à mettre le monde devant le fait accompli.
le chassé-croisé de Londres où Condolleza Rice est arrivée avec 2 heures de retard, son arrivée provocant le départ du Ministre russe, l’absence du Ministre chinois, laissent penser que le dialogue est déjà rompu entre les USA et les Russes et Chinois.
le calendrier électoral américain : A l’exception des USA, tous les pays entendent intégrer calmement le fait que l’Iran développe une industrie nucléaire civile, en amenant l’Iran à donner les gages nécessaires que cette industrie soit effectivement civile (ce qui semblait aboutir avec la proposition iranienne de collaboration poussée avec la France).
L’administration Bush, elle, n’a pas le temps : les sondages prédisent une déroute aux élections de mi-mandat de novembre prochain, et seul un vote en période de guerre peut, à leurs yeux, renverser la situation.
Le total décalage entre :
a) les discours des européens, par exemple le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, pour qui "La décision a été prise d’aller vers des sanctions. La question est de savoir l’étendue de ces sanctions", Il en est resté à des "sanctions proportionnées et réversibles", croyant que "la porte du dialogue restera ouverte".
b) L’impatience américaine : Condoleezza Rice a encore répété qu’il était temps que le Conseil de sécurité agisse. "Il y a une question de crédibilité du Conseil de sécurité et du système international, et on ne peut tout simplement pas continuer à discuter sans que rien n’en ressorte", (déclaration à la presse dans l’avion qui l’amenait à Londres.)
c) le réalisme russo-chinois : "Nos deux pays s’accordent à dire que l’utilisation de la force ou la menace de recours à la force est absolument inacceptable", a dit à Interfax le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Alexeïev.(Dépêche REUTERS).
... d’où il ressort que la discussion ne porte plus sur d’éventuelles sanctions économiques, comme font toujours semblant de le croire les européens, mais bien sur une "réponse" militaire.
Voilà l’aboutissement de laisser la diplomatie européenne dirigée par Javier Solana, transfuge de l’OTAN. Cela s’appelle la politique de l’autruche. Comme le souligne le journal Marianne cette semaine, selon Emmanuel Todd, « le véritable intérêt stratégique de l’Europe, c’est d’établir un partenariat avec l’Iran ». Il faudrait au préalable que la diplomatie européenne soit dissociée de l’OTAN, ce qui n’est pas prêt de se produire avec la totale main-mise des atlantistes proches des néoconservateurs américains au sein des institutions européennes.
Cela n’enlève rien à la justesse des analyses d’Emmanuel Todd : « A la suite de l’attaque israélo-américaine sur le Liban, la présidence française est confrontée à ce que le risque numéro 1 pour la paix n’est pas l’Iran mais les Etats-Unis » (...) « Il faut reconnaître l’Iran comme une vraie puissance ». (...) « Sarkozy est disqualifié pour la présidence à cause de ses positions internationales » et peut « mener la droite et l’UMP à l’une des plus grandes catastrophes électorales de son histoire ».
Il y a un problème dans les conclusions d’Emmanuel Todd sur les conséquences françaises de ce conflit, à propos de Nicolas Sarkozy. Cela laisserait supposer que le Président de l’UMP est soit très mal informé, soit totalement stupide, ce qui est loin d’être le cas. En fait, Sarkozy parie simplement sur la victoire américaine, non pas contre l’Iran, mais la victoire médiatique, contre nos cerveaux. Il table sur un matraquage tel que nous finirions tous par applaudir l’administration Bush d’avoir sauvé le monde libre que l’Iran atomique menaçait. Que nous pourrions être majoritairement suffisament abrutis par ce déchaînement médiatique pour préférer l’Iran atomisé à l’Iran atomique, sans voir plus loin que le bout de notre nez. Même Jean-Pierre Raffarin semble en douter : il conseille donc la prudence à son ancien ministre, par une nouvelle raffarinade "les vainqueurs de septembre ne sont pas toujours les vainqueurs de mai". Comme quoi vendre du café n’empêche pas de fabriquer des savonnettes.
Nous savons déjà que Sarkozy a moralement et politiquement tort. L’avenir nous dira s’il a tactiquement raison.
Vidéo de l’interview d’Emmanuel Todd
Sur le même sujet : Lettre à Monsieur George Bush, Président des États-Unis d’Amérique, par Mahmood Ahmadi-Najad, Président de la République Islamique d’Iran.
A propos des répercussions à la pompe des rumeurs de conflits
et aussi :
Dépêche Reuters : Les Six décident de se consulter sur des sanctions contre l’Iran
Dépêche AFP : Les menaces de sanctions contre l’Iran reviennent au premier plan